La tradition est de garder nos émotions à la maison, rien à faire au travail. Les émotions au travail évoquent des images de crises de nerfs ou de bagarres. On conseille de garder son sang-froid lorsque nous sommes dans une situation professionnelle, mais ce que l’on nous dit en fait c’est « ne me montre pas tes émotions, cache les car je ne sais pas quoi en faire » et par conséquent « les émotions c’est mal ». Si on regarde l’étymologie du mot, il provient du latin « ex-movere »: ce qui déplace l’esprit vers l’extérieur. Cette définition et son sens dynamique, pour moi, montre que les émotions ont bien leur place au travail.

Selon différentes écoles de pensée, le nombre d’émotions varie mais voici les principales:

  • COLÈRE
  • PEUR
  • TRISTESSE
  • JOIE
  • HONTE
  • SURPRISE

Ce qui est important, c’est de réaliser que, comme pour les couleurs, pour chaque «émotion» il y a une large palette, prenons la colère, par exemple, cela va de l’irritation à la colère noire.

Alors, pourquoi ne pouvons-nous pas « éteindre » nos émotions lorsque nous allons au bureau le matin?

  1. Les êtres humains sont des « nœuds »  d’émotions : Quasiment tout ce que nous faisons génère une émotion. Certaines émotions sont à peine perceptibles et c’est parfaitement normal.
  2. Nous passons une grande partie de notre vie au travail, et que faisons-nous ? On frotte notre nœud d’émotions avec ceux qui nous entourent (pour le pire et le meilleur!)

Il est donc tout à fait irréaliste de dire que les émotions peuvent être éteintes au travail comme par magie et rallumées 8 heures plus tard. Pour ce faire, cela impliquerait d’étouffer nos émotions et cela a été reconnu comme physiquement et mentalement dangereux. Quiconque est sorti d’une réunion frustrante avec un mal de tête peut le confirmer.

Les émotions sont une excellente source d’information, principalement sur nous-mêmes, mais aussi sur notre environnement. Les émotions ne nous disent pas ce que nous pensons, mais elles nous disent ce que nous ressentons et cela est tout aussi important. Cela aura un impact sur notre prise de décision et sur notre relation avec les autres.

Alors, comment puis-je gérer mes émotions au travail?

Utilisez-les pour ce qu’elles sont: une source d’information pour votre prise de décision et votre comportement.

Gay Hendricks suggère de « laisser l’émotion vous traverser », il signifie par là d’accepter tous les effets de cette émotion afin de pouvoir mieux la comprendre. J’utiliserai à nouveau l’exemple de la colère, je suis énervée par le commentaire de mon manager sur le rapport que j’ai écrit. J’ai passé des heures sur ce projet, j’ai reçu des commentaires positifs de la part de mes collègues et il me dit que ce n’est pas ce qu’il demandait.

Exprimez votre émotion, dites-le à haute voix si possible et décrivez comment vous vous sentez: « Je l’ai en travers du gosier, comment a-t-il pu dire cela ». Et puis soyez assez courageux pour faire face à ce qui est derrière votre émotion, car c’est là que reposent les perles de sagesse. « Pourquoi est-ce que je suis aussi en colère ? » La réponse facile ici c’est la réponse « Calimero » : trop injuste. Désolée, ça va pas le faire, essayez à nouveau: « Je suis vexée », hum, intéressant on continue : « Parce que je me sens honteuse devant les autres » qui nous amène à «Parce que je n’aime pas être jugé», et puis à «Parce que j’ai peur des conséquences», peur et honte, c’est mieux, allez creuser un peu votre estime de soi vous en remerciera.

Cet exercice vous donne des informations précieuses sur vous-même qui vous aideront à choisir le meilleur plan d’action. Dans mon exemple, une fois que j’ai creusé plus profondément, j’ai compris que ma peur d’être jugée m’a amené à recevoir des commentaires de collègues qui sont toujours d’accord avec moi plutôt que rechercher les commentaires constructifs dont j’avais besoin et que plusieurs aspects de mon rapport ne sont pas adéquat car je ne maîtrisais pas le sujet donc j’ai besoin de formation. De beaux apprentissages qui me permettent d’aller de l’avant.

Ensuite, la deuxième façon d’utiliser cette information est la suivante: comment me comporter à la lumière de ces informations. D’ici là l’«effet» des émotions sera calmé et le cerveau logique peut commencer à fonctionner à pleine capacité. Si je continue mon exemple, je réalise que ma peur des conséquences m’a amené à garder le silence et la tête basse devant mon manager en envoyant le message que je ne suis peut-être pas aussi mature que cela. Maintenant, grâce aux informations apportées par mes émotions, je reprends ma « force » : je peux échanger avec mon manager sur un pied d’égalité comme la collègue responsable et constructive que je suis.

Les émotions sont vos amis d’un point de vue professionnel, elles sont un allié utile et pas un ennemi à bloquer 8 heures par jour. Faites-moi confiance, vos collègues et votre famille et vos amis vous en remercieront.

Ce sujet vous parle ? Quels sont vos exemples de gestion des émotions dans votre vie professionnelle, des difficultés, des victoires?

Comme toujours, si vous avez des questions ou des commentaires n’hésitez pas, je suis très heureuse de les entendre.

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